été 2010


Alexander Ponomarev


vit et travaille en Russie et en France


Qu’il est bon d’être assis sur un phare

Et de regarder le temps qui change

Voici le soleil qui finit
de brûler dans le lointain

Et l’océan qui fait onduler
ses eaux couleur de cendre

la mer va donner un coup de main
au mélange ensoleillé et à l’air

Avec le vent pour qu’ils divisent
la lumière en spectres en un instant

La voûte de l’arc-en-ciel va couvrir
l’île entière et des lambeaux

D’écume s’éparpilleront au gré du vent

et puis le brouillard
apparaîtra devant les fenêtres

Et les signaux de brume retentiront
dans le noir

En haut un ouragan se mettra à siffler
tout d’un coup

En bas les vagues s’écrasent
contre les rochers.

Au loin paissent des centaines
de moutons dociles

Mâchant l’herbe là où il y a des falaises,
des écueils, des hauts-fonds

Tandis que beaucoup d’humains
y trouvèrent leur fin

et n’arrivèrent pas à faire le tour de notre île.

Aujourd’hui il y a un grand phare sur l’île

Cherchez la lumière des phares
pendant que vous êtes en vie

Ici ils vous disent de voir notre île,

De voir votre propre sang couler
dans vos veines

Tandis que des navires passent à côté.

Les capitaines nous regardent
à travers leurs jumelles.

Pour eux, nous sommes le signe
que la terre est proche,

Une simple information sur les
hauts-fonds et sur les brumes.

Regardez dans le lointain,
il y a une raison pour cela

Il y a un monde entier là-bas.
Il s’allume et il brûle jusqu’au bout.

Regarde donc l’horizon

Là, un rayon d’espoir ne s’éteint jamais.

Alexander Ponomarev