automne 2009


Nicolas Floc’h


vit et travaille à Paris


Mon travail établit un dialogue entre des pratiques appartenant au monde de l’art et d’autres disciplines ou champs d’activités. Bien souvent, je mets en place des processus et chaque projet prend une forme différente. Ces processus sont liés à des préoccupations d’ordre formel, symbolique, économique et politique. La valeur d’usage des choses est également au cœur de mes propositions en tant que moteur de leur évolution. Les œuvres ne sont pas des objets posés et figés, elles interagissent avec le réel et sont réinventées par leur usage.

Depuis longtemps je travaille sur la mer et autour de la mer. J’ai passé mon enfance sur l’eau et bien souvent dans l’eau en plongée. J’ai été marin pêcheur durant 18 mois sur un chalutier à La Turballe. En tant qu’artiste j’ai régulièrement réalisé des projets en lien avec l’univers marin.

La possibilité de passer du temps au sémaphore du Créac’h était pour moi l’occasion d’être dans un lieu d’observation depuis le point le plus à l’ouest de notre territoire, face à l’océan et aux tempêtes.
J’ai pensé ma résidence comme un temps qui accompagnerait la fonction du lieu, c’est-à-dire que je ne me suis pas placé dans une perspective de production mais dans un temps de réflexion, d’observation.

L’hiver, au Créac’h, il y a le vent, la mer déchaînée, les embruns qui viennent balayer les vitres de la salle de veille, la corne de brume à quelques dizaines de mètres et la lumière du phare qui éclaire le paysage la nuit. De la présence du phare balayant le paysage et l’espace intérieur du sémaphore j’ai souhaité garder quelques images. Des visions provoquées par ces ambiances particulières, des images presque irréelles renvoyant au paysage et à l’omniprésence de la lumière du phare. J’ai donc réalisé des prises de vue à la chambre, en pose lente (jusqu’à 30 minutes de pose) du paysage la nuit éclairé par la lumière du phare. Dans la journée je réalisais des images du littoral et des constructions en béton et en pierre de l’ancienne «corne de brume» au pied du phare.

De ce temps de réflexion il reste donc les images produites mais avant tout cela m’a permis d’amorcer des recherches que je continue aujourd’hui sur le littoral et l’univers maritime. J’ai d’ailleurs l’intention de retourner à Ouessant dans le cadre des projets que je développe actuellement.