juin 2018


Patrick Beaulieu



Lac Leclerc, Parc National du Mont Orford, 3 mars 2019.

Les récifs s’estompent et se révèlent en rafale. Ouessant disparait dans le brouillard.  Environnement des plus propice pour poursuivre une recherche sur l’évanescence. Lors du séjour en résidence au sémaphore du Créac’h en juin 2018, je réalisai une suite d’excursions performatives sur le littoral, à la recherche de paysages évanescents et à la rencontre des gens qui les habitent. J’effectuai de longues dérives à la marche à travers ces brumes et brouillards favorables à la désorientation et à l’errance intuitive.

Depuis le sémaphore, j’ai regroupé un ensemble de séquences vidéos provenant d’expériences de parcours effectués sur l’île et ailleurs entre janvier et juillet 2018. Des séquences où les clapotis et les houles s’entremêlent et où les brouillards et les horizons se fondent les uns dans les autres par une lente « dissolution d’images ». Ces projets vidéos intitulés le souffle et la dilution s’intègreront en 2019 à un corpus d’œuvres alliant installations, sculptures, photographies, performances, interventions in-situ/in-socius, cartes géopoétiques et archives présentées sur différents sites du littoral atlantique et ailleurs dans le cadre du projet Îles jardins îles paradis.[1]

Patrick Beaulieu

Patrick Beaulieu est artiste transdisciplinaire. Intrinsèquement liés à la question de la mobilité, ses projets établissent un rapport aux territoires, en abordant de façon empirique la question des frontières géographiques et sociales, mais aussi celles entre la réalité et la fiction. Intéressé par le voyage et son récit, il s’attarde à certains phénomènes insaisissables qui nous entourent (migratoires, météorologiques, spirituels…), et aux forces qui agissent en ceux-ci. Depuis une douzaine d’années, son travail s’est forgé lors d’excursions performatives à travers l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie au cours desquels il piste les signes d’une géographie secrète, où les divisions politiques s’estompent à la lumière des révélations poétiques. Faisant appel à la collaboration d’auteurs, géographes et philosophes, il terminait en 2013 la trilogie d’odyssées transfrontières « VVV » qui consistait à suivre, par voie de terre, la trajectoire aérienne de la migration annuelle des papillons monarques (Vecteur Monarque, 2007), à poursuivre durant 25 jours les vents d’Amérique dans une sorte de navigation continentale (Ventury, 2010) et à s’abandonner au destin et à la chance sur les chemins du hasard (Vegas, 2012). À l’été 2014, il se lançait dans une lente dérive continentale de 25 jours en kayak, sillonnant les méandres qui le menèrent de la source d’une rivière au sud du Québec, jusqu’à l’océan atlantique à l’embouchure du fleuve Hudson à New-York (Méandre). Entre l’été 2017 et 2018, il réalisait l’excursion performative EL PERDIDO, un parcours panaméricain à la recherche de lieux qui n’existent pas. Point de départ : Lost City, Oklahoma.

[1]Conviés dans le cadre du projet Îles jardins îles paradis reliant art, écologie et poétique du vivant, Patrick Beaulieu et Gilles Clément partageront leurs perceptions des Îles d’Aix et Île Madame lors d’expositions multi-sites et buissonnières au cours de l’été et de l’automne 2019. Sous la direction artistique de Dominique Truco, Îles jardins îles paradisse construit sur deux années en deux étapes : en 2018, accueil des artistes sur les territoires ; 2019 restitution des recherches et créations des artistes lors d’expositions sur différents sites du littoral charentais.