juin 2016


Pauline Delwaulle



En juin 2016, je me suis installée en solitaire au sémaphore du Créac’h pour poursuivre des recherches sur la couleur du ciel.
Je me suis intéressée aux liens entre les teintes de la mer et celles du ciel, et ce en quoi la météo influençait leurs variations colorimétriques.
Chaque jour j’ai pris des photos de l’horizon et étais à l’affut de la météo marine et terrestre. La VHF près du lit ou sur le bureau, j’enregistrais les messages du Cross Corsen, les annonces de grève à Météo France et la voix métallique de la météo marine qui ne sait pas lire les virgules.
Avec ces matériaux, j’ai ensuite expérimenté une transformation informatique des images avant de définir deux monochromes : une moyenne de la couleur du ciel et une moyenne de la couleur de la mer. J’obtenais ainsi deux valeurs colorimétriques, séparées par une ligne, l’horizon.
Ce projet d’analyse du bleu du ciel a évolué tout au long de la résidence et encore aujourd’hui, entre projet de cartes postales, papiers peints, drapeaux…
A mon retour de Ouessant, j’ai réalisé une série de drapeaux bleus issus des teintes de différents ciels de beau temps.
Entre le drapeau de prière tibétain qui se laisse lire par le vent des montagnes, l’ex-voto qui demande la clémence du temps pour les marins en partance, le drapeau de baignade et le cyanomètre, ces drapeaux permettent une autre lecture de la météo. J’ai pu récemment installer ce cyanomètre de drapeaux en extérieur sur le B.O.A.T. (bateau de l’Ecole européenne supérieure d’art de Bretagne) lors d’une résidence à bord. Ce même bateau qui était venu en résidence lui aussi à Ouessant à la même période.
Cette recherche se poursuit aujourd’hui avec le projet de monter mon cyanomètre au sommet du mont Blanc là où il a été créé.