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mai 2013


Sébastien Vonier



J’aime l’idée que mes sculptures puissent être des objets souvenirs, qu’elles soient des paysages bien qu’elles ne montrent pas grand chose. J’essaye de les charger de l’énergie d’un moment précis ou du moins du souvenir qu’il m’en reste tout en les rendant disponible à un usage. Je pioche mes idées et les formes que je vais étirer dans mon environnement proche en partant d’une lecture assez simple. Ensuite je vois comment je peux échafauder une forme composite destinée à rester suspendue entre deux eaux, dans un état difficile à saisir et à définir, emprunt de quelques champs et de différents codes. Je suis souvent venu à Ouessant pour vivre de nouvelles expériences et trouver de nouvelles perspectives à mon travail. Parfois le souvenir d’un voyage m’habite longtemps, et le désir de faire une pièce qui le convoque peut surgir bien plus tard. Pendant cette résidence j’ai réalisé des dessins et ai réfléchi à de nouvelles sculptures plus organiques mais assez proches de certaines de mes précédentes pièces. Pour deux expositions que je préparais juste après la résidence, j’ai réalisé trois pièces murales en bois qui se nomment Niou-Izella, Touldreizet Veilgoz. L’hiver dernier j’ai commencé une série de dessins au fusain représentant certains rochers. C’était la première fois que je m’aventurais dans ce genre de formes. Chaque dessin fut une sorte d’errance dans les méandres de la roche à l’image de mes dérives nocturnes à la pointe de Pern. Suivant la lumière, les détails et les formes surgissent faisant apparaître les corps chaotiques planqués dans la nuit noire.